Hey guys, this is my first movie critic, in French only, sorry but I don’t have time for now to translate it in English. And the text is long, I had many things to say about the movie… So maybe later, stay tuned !

Les enfants, la voilà, ma première critique de film. Je n’ai pas pu résister, tant ma déception était grande à la sortie de ce Conan 2011… Cliquez sur l’article complet pour la lire, en vous souvenant qu’il ne s’agit que de mon humble avis. Il y a des spoilers, mais il sont indiqués. Enjoy ! PS : ça donnait envie, quand même.

Conan, de Marcus Nispel

Attention, cet article contient des spoilers de la taille d’un Cimmerien obèse. Pour les éviter, je vous conseille fortement de passer directement au dernier paragraphe, en gras. Sinon… Je vous aurai prévenu ! Note : j’écris cette critique sur un coup de tête, et elle n’engage que moi !

Tout d’abord, une petite précision. Je ne suis pas un fan « hardcore »  de Robert E. Howard, mais j’adore ses écrits (même s’il m’en manque encore pas mal à lire), et son univers. Un monde brutal et hostile, construit sur les ruines de civilisations passées, un monde qui offre trésors et merveilles à qui veut l’explorer, mais qui contient également son lot d’horreurs et de dangers. C’est aussi et surtout un monde sans nain, elfe ou orques (ça change). Notre Conan est un héros très éloigné du stéréotype de bourrin sans cervelle qu’on lui prête depuis toujours. C’est un guerrier surpuissant, certes, mais il est aussi malin, agile, honnête et loyal. Loyal envers ses amis, impitoyable envers ses ennemis.

Je dois préciser également que je suis par contre un grand fan du Conan le Barbare de John Milius. Ce film est à mon sens un chef-d’œuvre du genre, fidèle à l’univers créé par Howard, servi par de très bons acteurs (oui, oui, Schwarzie jouait un très, très bon Conan, et James Earl Jones dans le rôle de Thulsa Doom est parfait), des décors splendides, et surtout, surtout, une bande son de Basil Poledouris dont chaque note me donne, aujourd’hui encore, des frissons…

Rhaaa, ça aurait pu être bien, quand même.

Voilà, le décor est planté. Pour être franc, je n’attendais pas grand-chose de ce nouveau Conan, et j’étais même un brin réticent en voyant Jason Momoa dans le rôle titre. Mais bon, un Conan le Barbare au cinéma, même si on a des doutes, soyons honnête : ça ne se refuse pas. Je suis habituellement assez bon public en ce qui concerne les films dits « geek », mais là… Là… Rien ne fonctionne. Ou plutôt si, pas mal de choses fonctionnent, ce qui rend le film d’autant plus frustrant à regarder.

Tout d’abord, dans le rôle titre, Momoa a balayé mes doutes en quelques scènes. Il incarne parfaitement bien Conan et est pour moi un digne successeur d’Arnold. Les décors sont dans l’ensemble assez réussis, tout comme les armures et les costumes. J’aime cet esprit « multi-culturel » présent dans les livres d’Howard, et qu’on retrouve dans le film : on y retrouve des civilisations de types romaines, vikings, asiatiques, persanes… En cela, le film de Nispel est agréable à regarder. Non, encore une fois, le problème majeur du film est le scénario.

Car autant je peux être indulgent avec un film n’ayant pas les meilleurs effets spéciaux, acteurs ou costumes mais disposant d’un scénario efficace et bien construit, autant je suis implacable quand il s’agit du contraire. Tous les pires stéréotypes du genre médiéval fantastique sont réunis à la va-vite dans ce scénario plat et insipide. C’est tout simplement le genre de scénarios que j’écrivais quand je jouais à Donjons & Dragons quand j’étais ado. Tout est là : un artefact très maléfique, check. Un méchant en armure noire qui veut conquérir le monde, check. Une sorcière maléfique mais aussi sexy, check. Des lieutenants du gros méchant avec des styles de combat différents, check. Un gros black qui fait office de faire-valoir, check. Un petit voleur rigolo qui accompagne le héros, check (Saïd Tagmahoui… OMG). Un monstre tentaculaire, check. Un château qu’il est très noir et plein de tours en formes de piques, check. Un rocher du crâne qu’il est encore plus maléfique, check. Incroyable.

Comment peut-on, pour un film de cette envergure, avec ces moyens, quand on doit surtout succéder à ce qui est pour beaucoup (moi compris) la pierre angulaire et sacrée du cinéma médiéval fantastique, en arriver là ?

Stephen Lang, aka Khalar. Il est beaucoup mieux en photo.

Parce que niveau conneries, on est quand même servis. Un petit florilège des aberrations de ce film :

1/ Le père de Conan (au passage, l’enfance de Conan est beaucoup, BEAUCOUP trop longue) doit garder un morceau de la couronne de nécromancie. En gros, personne ne doit plus jamais mettre la main dessus ou le monde court à sa perte. Où il le cache ? Bah dans un petit coffre, sous son plancher. Wouah. J’aurais jamais pensé à chercher là-dessous. Mais je sais pas moi ! Cache-le dans un puit, dans une caverne sans fond, jette-le dans un volcan ! Tu es censé protéger le monde, alors un peu de sérieux !

2/ Le super méchant Khalar (Stephen Lang, efficace) dispose au début du film d’une armée de milliers de cavaliers, qui viennent mettre la misère au pauvre village de notre Conan. Il trouve enfin le dernier morceau de couronne, ça y est, il va devenir un dieu ! Hé bah non, en fait il doit encore attendre 20 ans, le temps que ses services secrets et sa sorcière de fille (qui devraient un autre boulot, parce que là, c’est pas ça) trouvent la prêtresse au sang pur sans qui il ne peut rien faire. Je ne sais pas, il aurait pu au moins en profiter pour asservir le monde « à l’ancienne », avec une armée. Quand on le retrouve 20 ans plus tard, il vit dans un bateau poussé par des éléphants, à la tête d’une armée surpuissante d’au moins 50 soldats. Hum.

3/ La sorcière (Rose Mac Gowan, flippante)… Devrait prendre des cours, là aussi. Ha ça, pour marcher de manière langoureuse, pour faire des manières et parler en levant et baissant les bras au ralenti, pour lécher des gouttes de sang de manière suggestive, il y a du monde. Pour faire de la sorcellerie, par contre… C’est simple, son seul tour, c’est faire des bonhommes de sable pour aller attaquer Conan. Qui se font éclater. Bah oui, c’est Conan.

4/ Le puissant Khalar, qui veut asservir le monde et le brûler, (pas forcément dans cet ordre). Pour récupérer la prêtresse qui doit lui apporter le pouvoir, il se rend seul avec sa fille au rendez-vous fixé par Conan. Du coup, il se fait avoir. Bah oui, c’est Conan. Plus tard, il fera attaquer le bateau de Conan par une horde sauvage d’environ… 10 hommes, qui se feront massacrer. Bah oui, c’est Conan. A ce moment du film, je commence à avoir des doutes sur la réelle motivation de Khalar à brûler le monde et l’asservir. Il n’y met pas vraiment du sien.

5/ L’un des pires moments du film (enfin après m’être rendu compte qu’ils avaient embauché Saïd Tagmahoui dans le rôle du petit voleur malicieux), reste, justement, le moment où Conan a besoin du petit voleur malicieux pour rentrer dans la forteresse de ouf malade de Khalar pour récupérer sa dulcinée. Au passage, on comprend que Ela-Shan, le plus grand voleur du pays (Saïd, donc), ne doit sa réputation qu’au fait qu’il dispose d’un gros trousseau de clés. Malin, le gars ! Il lui suffit donc, pour rentrer dans la forteresse la plus dangereusement gardée du pays… Bah des clés, quoi. Youpi. Toujours est-il qu’après un combat ridicule contre un poulpe géant, Conan et Ala-Shan arrivent en haut de la forteresse, prêts à en découdre avec l’infâme Khalar ! Et puis en fait non, ils l’aperçoivent en bas, dans la vallée, en train de se barrer avec ses copains prêtres et sa fille, en direction d’un rocher en forme de crâne. Bah oui, apparemment, il faut une caverne sombre pour faire le rituel, un château sombre ne suffit pas. A ce moment du film, j’aurais compris que Conan, saoulé d’avoir fait tout ce chemin pour rien (et donc après avoir tourné 30 minutes de film qui ne servent à rien, par conséquent), fasse un doigt en direction du méchant et se barre. Mais non, il donne une tape sur l ‘épaule d’Ela-Shan et fonce à la recherche du méchant. Comment ça, mystère. Apparemment c’est très simple de sortir d’un château maléfique rempli de soldats maléfiques. Il a dû passer par l’escalier de secours.

Nooooooooooooooooooooooon !!!!!!

6/ Enfin, la scène finale, tout aussi ridicule. Le méchant très méchant met enfin le masque de la mort et… Et rien. Le masque se tortille et lui colle au crâne, un peu comme s’il avait posé un poulpe sur sa tête. Encore une fois, l’homme le plus puissant de cette région du monde n’est entouré que de 4 tocards qui ne servent à rien. Sa fille, la sorcière, se dit que, plutôt que d’utiliser ses puissants pouvoirs de magie noire, va plutôt tenter de griffer Conan à mort avec ses ongles. Bien sur elle n’y arrive pas. Bah oui, c’est Conan, et elle a vite fait de se retrouver embroché sur une pique (au passage : méchant embroché sur une pique, check). On pourrait croire que son père va la ressusciter, après tout c’est un peu le but de la manœuvre d’avoir cette foutue couronne sur la tête. Hé ben non, il est juste pas content. Au final, plutôt que d’avoir un combat digne de ce nom, il poursuit Conan sur un pont en bois, ce dernier casse le pont en bois, le méchant tombe dans la lave (au passage : méchant qui tombe dans la lave en hurlant : check). Fin.

Bon, je suis très méchant, je l’avoue, mais je n’en peux plus d’être systématiquement déçu par ces films. Je me suis rendu compte, devant le cinéma, qu’il y avait au bas mot 6 films sur 8 destinés à des geeks. Captain America, Green Lantern, Super 8, Planète des Singes, CowBoy vs Aliens… Croyez-moi, je n’avais encore jamais vu autant de geekeries sur la façade du cinéma. Hé bien croyez-moi (encore), je préfèrerais ne pas avoir de film de geek pendant 2 ans mais en avoir un bon. Je serais plus qu’heureux d’attendre. Ça fait quand même longtemps qu’on n’a pas eu un film de la trempe d’un Matrix ou d’un Gladiator. Un film qui, même plus de 10 ans après l’avoir au ciné (mon Dieu je suis vieux), me donne toujours des frissons et me fait toujours autant envie. Pour Conan, je me serais contenté d’un « bon » film. Là on dirait un pilote de série, avec un scénario écrit par John le preneur de son et qui l’a filé à la prod’ juste avant le début du tournage.

Par pitié Hollywood, si vous ne voulez pas que les gens téléchargent, évitez de les faire payer 13 euros pour une bouse. Ça fatigue à force. Et la 3D… La 3D, par Crom. On dirait que ces foutues lunettes ne servent qu’à rendre le film pas flou. On dirait que la copie est toute pourrie et qu’ils nous font payer des lunettes pour qu’on ait une image nette. Parce la 3D, franchement, je ne l’ai pas vue une nano seconde… Rajoutez à cela que les lunettes assombrissent l’image (faites l’essai pendant un film : enlevez vos lunettes et vos yeux seront éblouis par la « vraie » couleur du film), et vous pouvez être sûr de sortir du cinéma H-E-U-R-E-U-X.

Le seul, le vrai. Hell, yeah.

 Conan aurait pu être un bon film. Jason Momoa fait un excellent barbare, les costumes sont classes, l’univers d’Howard respecté… Mais un scénario d’une platitude affligeante, digne d’un rôliste amateur de 14 ans, des situations parfois ridicules, des dialogues sans âme et une bande originale… (Pour être franc elle est tellement insipide que je ne m’en rappelle plus du tout). Bref, dommage Conan, j’aurais adoré que tu le sois le renouveau du film d’Heroic Fantasy, j’aurais adoré que tu me donnes la chair de poule, que tu sois épique, héroïque, efficace, couillu… Mais en fait non. Alors je vais faire comme les vieux cons, je vais dire « C’était mieux avant », je vais me repasser le Conan de Milius, et je vais pleurer en ré-écoutant ce qui est à mes oreilles l’une des plus grandes BO de film ever. Crom !

PS : je viens de me rendre compte qu’à aucun moment on ne parle de Crom dans le film… Et je pleure à nouveau.

PS2 : et pour ceux qui ont encore des doutes sur la qualité du chef d’œuvre de John Milius, j’ai envie de terminer sur ces 3 citations extraites du film :

 

Conan ! Qu’y a-t-il de mieux dans la vie ??

– Ecraser ses ennemis. Les voir mourir devant soi. Et entendre les lamentations de leurs femmes.

 

Crom, je ne t’ai jamais prié de toute ma vie ; je n’ai jamais su le faire. Personne, pas même toi, ne se souviendra si nous étions des hommes bons ou mauvais, pourquoi nous nous sommes battus et pourquoi nous sommes. Ce qui compte, c’est que peu d’hommes se sont dressés contre beaucoup d’autres ! Voilà ce qui est important ! Tu aimes la vaillance, Crom ; alors réponds à ma prière : accorde-moi la vengeance !?Et si tu ne veux pas m’entendre… que les démons t’emportent !

 

Il est Conan, un cimmérien, il ne pleurera pas… Alors je pleure pour lui.

 

_T.O.

A propos de l'auteur

Thomas Olivri est le créateur de Geek-Art.net, et l'auteur de Geek-Art une Anthologie, chez Huginn & Muninn. Il est également curateur à la French Paper Gallery de Paris, et vient de signer son premier ouvrage d'auteur, Papa Geek à la Rescousse, toujours chez Huginn & Muninn. Thomas Olivri is the funder of Geek-Art.net. He also is the author of the Geek-Art Anthology Books, published by Huginn & Muninn in France and Chronicle Books in the USA. Curator at the French Paper Gallery, he also is the author of Papa Geek to the Rescue, from Huginn & Muninn.

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