Je ne vais pas faire la critique du Hobbit. Pour la simple et bonne raison que j’ai adoré. 2h30 de bonheur geek. Oui il y a des hauts et des bas, mais après 10 ans de famine heroic fantasy au cinéma, je ferme les yeux sur les détails un peu bancals du film, des scènes too much, bref, j’ai adoré le Hobbit. Et comme le disait un follower Instagram : « c’est un peu comme retrouver des amis pas revus depuis très longtemps ».  Et comme j’ai été heureux de les retrouver, ces amis… Donc non. Pas de critique ciné dans ces quelques lignes, plutôt le récit d’une expérience traumatisante.

09h30, cinéma Gaumont Montparnasse, en compagnie de ma chère et tendre. Je voulais absolument voir le film en HFR, en 48 images par seconde, et c’était la seule séance que nous permettait notre emploi du temps chargé de ce dernier dimanche avant les vacances de la Noël (oui, j’aime dire « la Noël »). J’en avais lus, des articles sur cette nouvelle technologie numérique cinématographique. Des articles dithyrambiques, bien entendu. Même le Saint Jackson assurait qu’il s’agissait du meilleur moyen de profiter enfin pleinement de la 3D au cinéma.

Je n’aime pas la 3D. J’ai toujours pensé qu’elle ne servait qu’à remettre un peu d’argent dans les poches de l’industrie du cinéma au sens large. Les expériences 3D que j’ai vécues jusque là ont toujours été amères : image assombrie, pas d’effet incroyable, gadget ne servant pas le propos… Comme beaucoup, le seul moment où je me disais « whaou ! », c’était pendant la pub Haribo…

Mais quand j’ai lu des articles au sujet du Hobbit et de ses fameuses 48 images par seconde (face aux 24 habituelles), j’ai été séduit. Une vraie 3D, pensée en amont et non pas 2 mois avant la sortie du film ? Qui servirait réellement le film ? Validée par Peter Jackson ? Banco !

Autant aller droit à but. La séance a commencé à 09h45 dimanche matin. A 10h00 nous sommes sortis de la salle. Pour la première fois de ma vie, j’ai quitté une séance de cinéma… Je n’ai pas pu. Le film cumulait tous les travers que j’abhorre dans la nouvelle haute définition. Combien de fois me suis-je retrouvé dans un grand magasin, en regardant ces nouveaux écrans et cette nouvelle norme HD en me disant : moi vivant, jamais ?

Pour moi, cette qualité soit disant HD enlève tout le charme d’un film. On n’assiste plus à un film, on regarde une vidéo de vacance tournée en HD. J’ai l’impression de me retrouver face à un téléfilm à gros budget. Les personnages sont tellement clairs qu’on peut compter le nombre de pores de leur peau. On peut voir le moindre boulon du moindre robot. Mais on voit également le moindre trait de maquillage, on discerne avec une netteté éclatante l’écran vert et la 3D rajoutée à la scène… Pour moi cette technique nous enlève ce voile, ce grain cinéma qui fait qu’on assiste à un spectacle.

Et ça m’a gâché toute l’expérience du Hobbit. Du moins les 20 premières minutes. Les plans intérieurs étaient pour moi insoutenables, les plans extérieurs encore plus. Je n’aime pas ça. Voilà. Après, il paraît que les avis sont partagés. Après tout, nous étions le seul couple de la salle à partir en courant de la séance… Mais si cette nouvelle qualité devient la norme, alors je sens que je vais garder encore longtemps ma « vieille » (5 ans) télé écran plat qui n’accepte ni le full HD ni les lunettes 3D.

Pour info, en sortant de la salle je me suis expliqué avec le gérant du cinéma, qui m’a avoué partager mon avis, et qui nous a laissé assister à la séance suivante sans ce HFR. Bon, il y avait les lunettes 3D, et encore une fois j’ai trouvé qu’elles ne servaient à rien, mais j’ai au moins pu voir le Hobbit comme un film, un spectacle, et pas comme une vidéo de vacances de la Comté tournée avec une caméra dernier cri.

Le HFR deviendra-t-il la norme ? Pour la première fois je me rends compte que la technologie peut me décevoir, et pour la première fois je me rends compte que cette dernière peut nous être imposée, même si on n’en veut pas. J’ai refusé de passer au Blue-Ray, je n’ai pas envie de renouveler toute ma collection de DVD et mon équipement vidéo. Mais si dans quelques années ce format sera imposé dans tous les cinémas, je me retrouverai comme un vieux con, à scander « c’était mieux avant ! »… Bon. Hé bien vieux con je serai dans ce cas !

Quant au Hobbit, je n’ai qu’une hâte, aller le revoir très vite au cinéma, sans lunettes, sans 3D, sans HFR, bref comme un vieux con !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

TO

PS : je vous invite à lire cet article de The Verge très intéressant sur le sujet (en anglais hélas), qui montre bien que les avis sont partagés !

PS2 : bien entendu, cet avis n’engage que moi et je serais ravi de lire vos propos à ce sujet !

 

 

 

 

A propos de l'auteur

Thomas Olivri est le créateur de Geek-Art.net, et l'auteur de Geek-Art une Anthologie, chez Huginn & Muninn. Il est également curateur à la French Paper Gallery de Paris, et vient de signer son premier ouvrage d'auteur, Papa Geek à la Rescousse, toujours chez Huginn & Muninn. Thomas Olivri is the funder of Geek-Art.net. He also is the author of the Geek-Art Anthology Books, published by Huginn & Muninn in France and Chronicle Books in the USA. Curator at the French Paper Gallery, he also is the author of Papa Geek to the Rescue, from Huginn & Muninn.

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