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Marc Simonetti : Une Ode à l’Aventure

Marc Simonetti : Une Ode à l’Aventure

La Fantasy Made in France

par Julien Djoubri 

Il y a un avant et un après Marc Simonetti. Pour ma part, j’ai toujours été un très grand fan de fantasy. Cette passion d’enfance a d’abord commencé avec les jeux-vidéos, dans lesquels je pouvais m’immerger des heures durant, à travers par exemple les univers de Final Fantasy VII, VIII et IX ou ceux de Zelda, notamment Ocarina of Time. Je me rappelle clairement de ces aventures qui ont forgées mon imaginaire et ma passion pour les mondes fantastiques, où la magie et  la création sont reines. Ces chocs visuels, que je trouve toujours magnifique en 2020, m’ont bercé et m’ont servi d’introduction aux mondes de l’imaginaire.

Cette découverte s’est poursuivie par la suite avec bien évidemment la découverte de la trilogie du Seigneur des Anneaux, d’abord via le cinéma avec Peter Jackson, puis quelques années plus tard avec les livres de J.R.R. Tolkien. Depuis, j’ai arrêté de compter le nombre de livre de Fantasy que j’ai pu lire et qui m’ont fait vivre tant d’aventures exceptionnelles.

C’est via les livres des éditions Bragelonne que je suis tombé amoureux de l’oeuvre d’un illustrateur en particulier. Tout d’abord en lisant l’oeuvre de Raymond E. Feist et trouvant toutes les couvertures fabuleuses, mais sans vraiment me pencher sur le nom de l’artiste derrière celles-ci. Et puis la révélation a eu lieu pour moi avec ce magnifique livre qu’est Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss. Tout était magique ici : le livre avait été mis en avant par l’éditeur comme son livre de l’année, le résumé me laissait rêveur, et sa couverture est pour l’instant la plus belle que j’ai pu voir. Et celle-ci est signée Marc Simonetti, l’un des maitres de l’illustration de la Fantasy et de la Science-Fiction française. Et c’est alors que j’ai compris que cet artiste était derrière toutes les couvertures qui me faisaient rêver depuis des années.

La Fantasy et la Science-Fiction dans le sang

La Fantasy, la Science-Fiction et l’horreur font parties intégrante de l’ADN de Marc Simonetti. Cette passion se retrouvait majoritairement dans les livres, les jeux-vidéos ou même la musique que l’artiste écoutait alors. La culture de l’imaginaire va ainsi forger sa culture graphique, au même titre que les grands maitres de la peinture, de la sculpture ou même de l’architecture. De même, sa passion a été notamment nourrit par l’immense bibliothèque SF de son père, qui lui fera découvrir entre autre Stefan Wul, auteur culte de l’imaginaire (il réalisera plus tard les couvertures de l’intégrale de l’auteur pour les éditions Bragelonne).

Malgré ses carnets remplis de croquis et de dessin, Marc Simonetti va se diriger dans un premier temps vers des études d’ingénieur, métier qu’il exercera même pendant deux ans. Cela aura été le temps nécessaire pour qu’il s’aperçoive que quelque chose lui manquait dans son travail quotidien : être créatif. Il suit alors une formation de « Module 3D » pendant 1 an avant de pleinement se lancer dans le monde de l’illustration.

Il fera ses premiers pas en tant que modeleur 3D pour Widescreen Games, profitant notamment de cette époque pour engranger un maximum de savoir, aussi bien avec ses collègues la journée qu’en passant ses nuits sur des forums d’art. Le moins que l’on puisse dire est que cette éthique de travail a finit par payer, car rapidement Marc va devenir freelance afin d’ajouter l’illustration à son arc. C’est ainsi qu’il va pouvoir combiner son amour pour la Fantasy et la Science-Fiction avec son métier. Il délaissera tout doucement ses outils 3D afin de se tourner purement vers la création d’illustration.

La liberté d’illustrer

En parallèle de ses premiers contrats, Marc Simonetti continu de créer des visuels et étoffe ainsi son portfolio. Même si la route à parcourir reste longue, cela lui permet de se construire un catalogue conséquent et c’est encore une fois son amour des univers de l’imaginaire qui le fera remarquer. Certains éditeurs vont ainsi remarquer cette connaissance des mondes qu’il illustre et c’est cette force qui lui permettra de doucement percer dans ce milieu.

Cet aspect de l’art de Marc Simonetti est fascinant : une capacité à créer des oeuvres uniques, au style reconnaissable et définitivement liées à leurs univers. L’artiste français ne se contente pas de simplement réaliser des oeuvres dans des univers de Fantasy. Il connait les oeuvres sur lesquelles il travaille et il s’amuse à glisser des éléments clés des histoires au sein de ses illustrations. On retrouve ainsi parfois les personnages principaux au milieu d’une foule ou encore d’autres détails tout aussi géniaux à dénicher.

Il va alors débuter en réalisant des illustrations pour divers jeux de rôles ainsi que pour des cartes Magic, le rêve de tout illustrateur de Fantasy. Progressivement, il va étendre son influence et finira enfin par réaliser des couvertures de livres, que ce soit en France ou à l’étranger.

En cultivant cette expérience, il va finir par se faire remarquer par certains éditeurs qui vont alors lui proposer d’illustrer des oeuvres phares de la Fantasy, de la SF et de l’horreur. L’artiste va ainsi avoir la chance de créer des couvertures pour Les Annales du Disque-Monde de Terry Prachett, pour Dune de Frank Herbert, pour Le Trône de Fer de G.R.R. Martin, ou bien encore pour certaines oeuvres de H.P. Lovecraft. Rien que ça.

Et pour la création de ces oeuvres, Marc Simonetti n’hésite pas à vraiment se plonger dans les livres qu’on lui fournit. Il ne se contente que rarement du brief de l’auteur, préférant bien souvent lire le livre lui-même et échanger avec l’écrivain afin de trouver le moyen de réaliser une oeuvre qui saura retranscrire parfaitement l’histoire en une seule image.

Pour une des premières illustrations du Trône de Fer, Marc Simonetti va choisir de s’inspirer des peintres russes et de commence à travailler sur aquarelle, afin de tenter de d’atteindre tout l’aspect sombre et mâture de l’oeuvre. Il fignolera cette technique classique grâce à sa maitrise de Photoshop, rendant finalement une couverture qui reflète parfaitement ce que lui faisait ressentir le livre après sa lecture.

Ces émotions, Marc Simonetti les fait également passer par ses choix de couleurs. On peut ainsi souvent remarquer une dominante colorimétrique dans toutes ses illustrations. Il utilise ainsi des petites games de couleurs par visuels, jouant sur la lumière et les ombres pour faire passer une émotion, un ressenti. Il préfère travailler les nuances, choisissant de mettre en avant certaines parties de ses oeuvres pour souvent souligner un détail dans l’immensité de sa création.

Un concept artiste dans l’ère du temps

Cette technique reconnaissable entre toutes et son amour pour les univers de l’imaginaire va continuer de lui ouvrir des portes, jusqu’à avoir l’opportunité de travailler dans le cinéma. C’est avec Luc Besson que Marc Simonetti va travailler en tant que concept artiste pour le développement visuel du film Valerian et la Cité des Milles Planètes. Cet experience lui offrira une grande liberté de création, ayant la chance d’avoir les retours directement du réalisateur. Sa patte graphique va faire mouche lorsque l’on observe ses concepts arts plein de couleurs et de vies, totalement dans la veine de la dessinée originale de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.

L’artiste va notamment participer à la création du big market ainsi qu’à la conception de différentes armes et costumes pour le film. Son travail va ainsi le sortir des illustrations traditionnelles, le challengeant pour des rendus finaux à tomber par terre.

Le moins que l’on puisse dire et que l’avenir semble radieux pour cet illustrateur français basé à Annecy. En effet, Marc Simonetti travaille en ce moment sur différentes attractions pour le Puy du Fou en France, ainsi que pour d’autres parcs à l’étranger. Il a ainsi réalisé des concept arts pour « Le Premier Royaume« , une des dernières attractions du fameux parc français. Étant donné son amour pour la Fantasy, je ne peux qu’imaginer la joie que cela doit représenter de voir ses illustrations construites et réalisées dans la réalité.

Marc a également participé au nouveau label de ActuSF, ActuSF Graphic et a illustré un livre écrit par Jean-Laurent Del Socorro : La Guerre des Trois Rois. L’histoire se déroule ici dans le Royaume de vents et de colères du même auteur et prend la forme d’un carnet de voyage à l’époque de Henri III. Ce projet fabuleux a été financé en crowdfunding et regorge d’illustrations à tomber par terre. Marc Simonetti a notamment prit son influence chez les orientalistes ou bien encore chez Rembrandt pour coller le plus possible à l’époque.

Vous l’aurez comprit, chez Geek-Art, on aime d’amour le travail de Marc Simonetti. De part son style et son travail prolifique, il a été à même de réaliser de nombreuses illustrations marquantes de livres, des cartes à collectionner épatantes, des concepts arts pour un film de science-fiction visuellement époustouflant, des attractions pour le meilleur parc du monde… Bref, la liste est trop longue et son travail dantesque mérite d’être découvert. C’est également l’occasion de souligner l’importance des illustrateurs dans le monde de l’édition. Ce sont eux qui donnent non seulement la première image que l’on aura d’un livre, mais étant également l’ambiance, la quintescence générale de l’oeuvre. C’est là la marque des grands artistes : parvenir à saisir une émotion en une image.

J.D.

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Julien Djoubri

Julien a été bercé par la Pop-Culture et par l'art dès son enfance. Il adore partager son amour débordant pour tout ce qui touche à l'illustration, aux comics, films et autre étrangetés. Et quand il n'est pas occupé à découvrir de nouveaux univers imaginaires, il essaie de créer les siens en écrivant.

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